Course de rollerski Cosnes – Sancerre : reportage

20 Oct

Des participants après la course

Le week-end a fini par être génial! Mais ce n’était pas gagné par rapport aux débuts de mon voyage…

Le jour s’est levé avec un ciel chargé le dimanche matin de la course de rollerski Cosnes-Sancerre. Il faisait froid et humide. Heureusement il s’était quand même arrêté de pleuvoir.

Quant à moi, j’étais tout simplement heureux d’être arrivé à Sancerre. La France était prise dans une grève illimitée contre la réforme de l’age de la retraite. J’ai dû improviser mon périple en utilisant le train ainsi qu’une voiture louée.

On dit que le hasard fait bien les choses. Dans ce cas là ça devait être dans le domaine de l’ironie. La seule voiture disponible pour la location était une espèce de Panzer de 4×4. Déjà détestant bien cordialement la voiture, celle-là était la dernière que j’aurais choisie sans contraint. Mais je suis arrivé à Sancerre, et c’était ça qui comptait.

Après un petit déjeuner copieux à l’Hotel Panoramic, j’ai monté le dernier bout de route avant la ligne d’arrivée de la course. La navette m’y attendais pour m’amener au début de la course à Cosnes-sur-Loire.

Une fois arrivés à Cosnes, nous rejoignions les autres participants ainsi que les organisateurs de la course dans un complexe sportif. A l’intérieur il faisait bon et des boissons chaudes étaient fournies lorsque nous attendions pour récupérer nos dossards.

Puis il fallait sortir, se réchauffer un peux, se positionner sur la ligne de départ, écouter un petit discours du responsable des sports à la mairie et enfin partir.

La course était composée de deux parties non-chronométrées ainsi que deux parties chronométrées. La premier liaison de 7 kilomètres était non-chronométrée. Nous avions une voiture ouvreuse devant et une voiture-ballai derrière. En entrant dans le centre bourg nous voyions bon nombre des habitants de Cosnes sortis pour regarder passer la course. C’était une sensation agréable d’être nombreux sur des ski-roues et d’éviter ainsi d’avoir l’air d’un fou solitaire lorsque nous roulions à travers le cœur de la ville.

Les organisateurs ont fait un boulot extraordinaire pour protéger les coureurs de la circulation. Un bénévole se trouvait à chaque carrefour pour empêcher les voitures de nous rentrer dedans. L’organisation de la course brillait avec une orchestration impeccable ainsi que plein de bonne volonté chez les bénévoles qui se grelottaient dans le froid.

La seule chose qu’ils ne pouvaient pas gérer était le temps. Il faisait à peine 5 dégrées par un temps humide. Mais il ne pleuvait pas. Les organisateurs disaient qu’ils n’ont jamais eu la pluie lors de 18 éditions précédentes. La 19ème ne faisait pas exception à la règle.

Cependant les routes étaient parfois difficiles de négocier avec des roues rapides en polyuréthane. L’année prochaine ferai comme les éventuels gagnants et apporter une autre paire de ski-roues avec des roues en caoutchouc. Ces derniers serviront pour les étapes ballade. Puis j’utiliserai les roues rapides de course pour les étapes chronométrées. A un moment donné j’ai glissé un peu hors de contrôle à travers une virage en bas d’un côte. Si je ratais ça le prochain arrêt était la Loire. Heureusement je ne me suis pas mouillé.

Peu après nous sommes arrivés dans la zone où se déroulait le contre-le-montre en départ individuel. Les coureurs étaient lâchés aux intervalles de 30 secondes. J’étais 9ème sur la course. Dans les conditions glissantes je gardais les jambes un peu trop écartées et j’utilisais beaucoup la double poussée. Comme je viens d’un pays avec beaucoup de relief, je ne me suis pas souvent entraîné à haute vitesse sur le plat avec des roues rapides.

Il va sans dire que mon temps n’était pas terrible. Mais pour compenser à ce désagrément un ravitaillement sympathique avec des boissons chaudes m’attendait à l’arrivée. D’ailleurs, la ligne d’arrivée avait l’air toute professionnelle avec un de ces grands portails gonflés d’air.

Quant à ma performance, je peux la voir de deux façons. La première optique possible est celle du renard dans la fable du Renard et les raisins chez La Fontaine. Puisque le rollerski sur le plat diverge du point de vue de la technique du ski sur la neige, je peux décider que décrocher une bonne performance ne vaut pas trop la peine.

Mais je pense qu’il est mieux de voir dans la course de l’année prochaine l’opportunité d’apprendre quelque chose de nouveau. Ça nuira pas à mon ski et puis ce sera un défi intéressant d’essayer de devenir meilleur. Mon temps était de 8:34, loin derrière mon but de 7:22. A ce stade j’occupais la 15ème place dans le classement.

Après le sprint sur le plat nous sommes partis pour une autre étape ballade. Nous avons pris une petite route de compagne longeant de temps en temps la Loire. C’est mon fleuve préféré en plus d’être classé UNESCO. Lors des 12 kilomètres nous formions spontanément des petits groupes en fonction de notre allure. Je roulais aux côtés d’Hervé de Nevers. Il attirait mon regard à un moment donné sur la butte de Sancerre brillant au dessous nos têtes dans un rare rayon de soleil.

Après une autre pause ravitaillement nous roulions jusqu’au point de départ pour la course de côte. La ligne de départ se trouvait 3,3 kilomètres de l’arrivée avec un dénivelé positif d’environ 150 mètres. J’étais nerveux avant mais la ballade sympathique m’avait calmé. Le temps s’était amélioré aussi.

Je me suis mis juste derrière les coureurs d’élite quand nous nous somme positionnés sur la ligne de départ. Je me sentais confiant. En France on a l’habitude de voir des villes jumelées. Je propose de jumeler aussi des côtes praticables pour la montée en ski roues. Il y avait quelque chose dans la butte de Sancerre qui me rappelait la colline de Grefsenkollen à Oslo, un de mes lieux d’entraînement de prédilection. Pour les deux la montée commence doucement avant de devenir plus raide. C’était donc pour moi un mélange du familier et du neuf.

Le chef de la course donnait le compte au rebours et puis nous sommes partis. Je suis resté avec le groupe de tête pendant le premier kilomètre. Quand Hervé me dépassait, je me suis dit qu’il fallait que je m’accroche. Passant sous les arceaux de l’ancien viaduc de chemin de fer une forte odeur de fermentation de vin nous frappait, portée par un puissant coup de vent. Expérience certes inhabituel dans une course de ski-roues!

Peu après le peloton s’est scindé en deux. Ils était cinq dans la groupe de tête et je me trouvais derrière eux dans un groupe de quatre. A ce point là ma technique me semblait correct. J’utilise de trop le pas de un / dobbeldans avec lequel on donne un coup de bâton avec chaque pas. Mais ça c’est typiquement norvégien. C’est moins économe en énergie, mais très puissant. Le macadam était encore un peu humide et glissant, mais c’était gérable. J’ai dû garder mes jambes un peu plus écartées que j’aurais voulu mais ça était quand même.

J’ai trouvé un rythme confortable et je me suis laissé porter par la glisse de chaque pas d’une manière raisonnablement puissante et contrôlée. J’évitais la vice de monter trop haut la fréquence des mes pas par nervosité. Et mon matériel fonctionnait bien aussi, me donnant de la confiance. J’avais mis des pointes de bâtons neuves et mes roues Roll’x me donnaient l’impression que je volais au dessous de la bitume.

Mais c’était la toute première fois que je montais le côte de Sancerre en rollerski et j’avais peur de ne pas y arriver. Or, quand je voyais mon hôtel je commençais à y croire. Donc, de manière encore timide, je montais la vitesse, prenant décisivement la tête de ma groupe. Cependant la raideur du dernier bout m’a surprise, me ralentissant un peu. Motivé alors par la foule massée à l’arrivée je faisais quelque pas en technique de paddling avant de reprend le pas de un / dobbeldans pour traverser la ligne en style norvégien.

En arrivant je n’avais pas besoin de tomber par terre ou faire quoi que ce soit de dramatique. J’aurais donc pu aller un peu plus vite. Mais cela n’aurait pas changé grand chose dans les résultats. J’étais content avec ma 6ème place dans la montée. Je ne me suis lassé battre que par des vosgiens. Les paysages des Vosges ressemblent bien à ceux de la Norvège.

Avec le froid la remise de primes s’est déroulé dans un bâtiment municipal. Les gagnants recevaient des trophées impressionnantes ainsi que des paniers de spécialités locales et des bouteilles de Sancerre, Pouilly-Fumé et Côteaux de Giennois. Mes efforts modestes ont été généreusement récompensées par une bouteille de chaque ainsi que des articles de vêtement portant le logo du Conseil général de la Nièvre.

Pour résumer mon expérience, je n’aurais jamais pu imaginer une meilleure façon de faire ma toute première course de ski-roues que de participer dans la Cosnes-Sancerre. Cette course atypique par sa situation géographique est, semble-t-il, la doyenne de France. La gestion de le course était impeccable avec de nombreux bénévoles restant dans le froid pour assurer que la course se déroule sans risque pour les participants. Les ravitaillements étaient aussi plus que sympa!

Puis la formule de la course est sans exagération génial. Le mélange de ballade, contre-la-montre et course de côte permet à chacun, du débutant jusqu’au cador de la coupe du monde de rollerski, de trouver sa place.

Les norvégiens feraient bien de copier la formule, donnant, bien entendu, le crédit à Cosnes-Sancerre. Puis-je suggérer Grefsenkollen pour l’étape de montée?

Enfin je ne dois pas oublier la contribution de tous les participants à la bonne ambiance. Il y avait des Bretons du club de Breizh ski-roues, des Nivernais et des Franciliens–des gens habitant loin des neiges skiables, tous passionnés des ski-roues. Puis ceux des montagnes, les Jurassiens et les Vosgiens, étaient adorables aussi (mais ça n’exclut pas que je prenne ma revanche contre ces derniers l’année prochaine!!).

A tout ceux qui participaient en quelle capacité que ce soit à cet événement complétement réussi je dis merci pour un week-end plein d’émotions. Ne changez rien (sauf peut-être le temps)! Résultats de la course ici.

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